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LE BENEVOLAT DANS LE FOOT AMATEUR ...

19 septembre 2014 - 09:01

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La question du bénévolat dans le foot amateur

 

 

 

 

 

 

Etat des lieux

 

 

 

 

Véritable socle du mouvement associatif français, le bénévolat est aujourd’hui en perte de vitesse. A l’image de la société, plus individualiste, les gens donnent moins de leur temps et de façon plus épisodique. Alors se pose la question de la gestion des structures associatives et notamment des clubs de football. Recrutement, valorisation, reconnaissance, les problèmes ne manquent pas. Et pourtant près de 245 000 bénévoles licenciés passent leur temps libre dans les 18 000 clubs de football. Mais aujourd’hui, cela ne suffit plus ! Les clubs ont besoin de personnes compétentes, voire spécialisées. Un problème qui depuis cinq ans interpelle nos institutions. Ce dossier propose un état des lieux de ce bénévolat, examine les problèmes mais constate aussi que des solutions existent pour endiguer et répondre à ce phénomène.

 

 

 

« On manque de bénévoles ! », tel un écho, ce cri d’alarme se répand aujourd’hui dans de nombreuses associations. Certes, toutes ne sont pas dans des situations préoccupantes, mais une bonne partie pourrait mieux fonctionner si l’implication du dit bénévole était plus grande. Société de consommation, montée de l’individualisme, les intérêts de chacun ont évolué, d’où une difficulté pour le monde associatif à gérer ses bénévoles. S’investir, occuper son temps libre, apporter ses compétences, « Le bénévolat est la traduction concrète des valeurs de citoyenneté et de philanthropie les plus essentielles dans notre société » a déclaré Jean François Lamour, ministre de la Jeunesse, des Sports et de la Vie associative. Une définition qui a faite sienne Annie Pradère, présidente de l’ES Aspétoise, dans le District de Haute-Garonne qui consacre sa vie aux autres

 

 

 

 

" Un bénévolat kleenex "

 

 

 

Malheureusement, le constat est clair, on s’engage moins aujourd’hui qu’hier. Une réalité qu’Emmanuel Bayle, professeur des universités, traduit par « un bénévolat kleenex » . Ce qui explique, en partie, que de nombreux bénévoles assument « plusieurs casquettes » au sein de leur club. Secrétaire, éducateur, président... le travail ne manque pas. Mais pour certains, cet engagement quotidien, s’accompagne d’une perte de motivation face au manque de reconnaissance. « Voir les autres consommer du foot ça me pèse » précise ainsi M. Bachon, secrétaire et responsable de l’école de football du FC Barsac Preignac du District Sauternais et Graves. Tracer les lignes, laver les maillots, préparer les sandwichs, accompagner les enfants, les tâches mais aussi les « corvées » sont nombreuses... et les bras se font plus discrets. Et notamment ceux des parents à qui on reproche un manque d’investissement. « Maintenant on joue le rôle de garderie » explique Erwan Le Guen, éducateur au club d’Erdeven dans le Morbihan. Une situation partagée par une grande majorité des dirigeants de clubs.

 

Mais les parents ne sont pas les seuls responsables, car depuis un bon moment le statut du bénévole pose problème aux institutions, car « la donne a changé ». Pour que les clubs fonctionnent de manière efficace, il faut selon Georges Ducoulon, président du Comité Drôme Ardèche, « pouvoir compter sur des bénévoles disponibles et compétents » Ce qui pose le problème du recrutement mais aussi de l’encadrement.

 

 

 

 

"Valoriser son travail dans le club"

 

 

 

Certains districts, ont trouvé une parade, en se déplaçant directement dans les clubs pour dispenser les formations. D’autres appliquent le principe de gratuité des stages pour les jeunes. En guise de reconnaissance, le CNOSF a imaginé le carnet de vie du bénévole , un nouvel outil afin que chacun puisse valoriser auprès des institutions, son « travail dans le club ». Aujourd’hui, le bénévolat est la clé de voûte du fonctionnement du sport et du football, en France. Mais au vu des difficultés rencontrées, Il est vital de repenser le statut du bénévole car comme le dit Emmanuel Bayle, « Si on enlève le bénévolat, le sport et le football s’écroulent aujourd’hui en France. »

 

 

 

 

"On est sur du bénévolat « kleenex »

 

 

Emmanuel Bayle est professeur des universités à l’UFR STAPS de Bourgogne à Dijon. Il nous livre ici son regard d’expert sur les enjeux du bénévolat dans notre société. Un spécialiste qui a notamment écrit « Le guide du management associatif ».

 

Quelle place occupe le bénévolat dans la société d’aujourd’hui ?

 

 

 

Le bénévolat et les formes du bénévolat sont historiques. Elles correspondent à tout mouvement social. Aujourd’hui, l’enquête la plus récente sur le secteur associatif dit grosso modo qu’il y a 12 millions de bénévoles (INSEE n°372 février 2005) dans le secteur associatif dont 3 millions et demi de bénévoles sportifs comprenant 1 million et demi de dirigeants sportifs. Ce qui donne une idée du poids majeur que représente le bénévolat dans notre société. C’est une force citoyenne, une contribution sociale, culturelle et économique au territoire français en général. Si on enlève le bénévolat, le sport et le football s’écroulent aujourd’hui en France. Il faut être conscient de ces réalités.

 

 

 

Comment se définit le bénévolat ?

 

 

 

Le bénévolat est une façon d’entreprendre. Il s’agit de mettre au service de la société, du football. Par exemple « être bénévole c’est donner de son temps et parfois de son argent aussi. » Beaucoup de gens trouvent un lien social, un sens à leur existence à travers le bénévolat, qu’il soit sportif ou non. Mais le bénévolat ça veut tout dire et rien dire. Le président de la FFF est bénévole comme le parent qui accompagne son enfant au foot le week-end. Il y a des réalités derrière le terme bénévole qui sont très différentes.

 

 

« Si on ne veut pas que les gens soient des consommateurs, il faut les éduquer »

 

 

 

C’est à dire ?

 

 

 

C’est un phénomène social qui recouvre des réalités très éclatées. Il y a les bénévoles occasionnels, réguliers, très impliqués et à temps plein. En termes de statut et d’accompagnement, on ne peut pas porter le même regard sur une population aussi hétérogène. C’est une richesse, mais aussi une complexité à gérer.

 

Aujourd’hui beaucoup d’associations se plaignent du manque de bénévoles... La diversité des loisirs et la société de consommation joue sur le bénévolat car les gens ont moins de temps pour les autres. Il existe aujourd’hui un regard plus individualiste. Le plus dur est de trouver des gens qui ne viennent pas par défaut, mais qui veulent vraiment s’investir afin d’assumer de vraies responsabilités. Aujourd’hui, on est sur du bénévolat « kleenex » qui mérite d’être repensé. Mais le vrai problème c’est que les associations « ne savent pas » gérer les bénévoles, ils n’ont pas les outils. Face à ce cri d’alarme, c’est aux fédérations de prendre ce chantier en main afin de trouver de nouvelles initiatives pour relancer le bénévolat, de faciliter des plans de succession, pour relancer l’implication sur des postes bénévoles majeurs. Si on ne veut pas que les gens soient des consommateurs, il faut les éduquer.

 

 

 

Comment y parvenir ?

 

 

 

 

Selon les différentes catégories de bénévoles, il y a des modes de gestion qui sont différents à mettre en oeuvre. Aujourd’hui, les clubs ou les ligues ont besoin de recruter des bénévoles avec des compétences très spécialisées, avec des profils parfois très ciblés. Finance, marketing, droit, sécurité... Il y a besoin de plus de petites mains, mais aussi de dirigeants qui ont montré leur qualité de leader, de décideur. Il y a une stratégie à mettre en place. Ça veut dire qu’il faut être capable d’aller chercher des dirigeants qui ne viennent pas du monde du football mais qui ont des valeurs associatives qui peuvent profiter au monde du football.

 

 

 

« Pour que la perception du bénévolat change, il faut réaliser, de la part des associations, un triptyque : recruter, manager et valoriser »

 

 

 

Les bénévoles se plaignent souvent du manque de reconnaissance de leur travail. C’est un fait. Les bénévoles ne sont pas valorisés car dans les fédérations sportives la gestion des ressources humaines n’existent pas. Mais depuis cinq ans, il existe des mesures phares pour le bénévole sportif. Il y a un vrai statut aujourd’hui. Et les structures d’accompagnement existent. Parfois elles sont un peu éclatées, parfois elles ne sont pas connues. Historiquement, le ministère des Sports et de la Vie associative est là pour les accompagner. Il y aussi les structures de coordination comme les CRIB (Centre de Ressource et d’Information des Bénévoles). Un des enjeux pour favoriser le bénévolat et le valoriser est de faire travailler en réseau toutes ces structures pour qu’il y ait de vraies coordinations qui se mettent en oeuvre.

 

 

 

Comment se présente l’avenir pour les bénévoles ?

 

 

 

La structure de la société est très favorable au bénévolat car, démographiquement, il y a la génération du baby boom qui arrive à la retraite. Il y aura énormément de gens entre 60 et 70 ans qui auront du temps, des compétences et qui seront dans une phase de restitution de leur vie au profit de la société, du sport. Ce qui veut dire que si on arrive à cadrer le travail de ces gens-là, à leur donner du sens, c’est un formidable potentiel et une chance historique pour l’organisation et le développement du sport en France. Pour les jeunes, il existe une solution, le volontariat associatif, qui est un statut entre le bénévolat et le salariat. Une nouvelle façon de s’investir avec un contrat maximum de deux ans proposés par un club de foot contre une indemnisation qui est de 630 euros non imposables, où le jeune a une couverture sociale, un droit aux congés. C’est une possibilité de donner de son temps sous la forme du volontariat. Pour que la perception du bénévolat change, il faut réaliser, de la part des associations, un triptyque : recruter, manager et valoriser.

 

 

 

Paroles de bénévoles

 

 

Après avoir fait un état des lieux du bénévolat, voici quelques témoignages d’acteurs. On y découvre les difficultés rencontrées, les échecs, les attentes... Ces passionnés du ballon rond s’investissent au sein de leur club, mais restent de simples bénévoles !

 

La vie du bénévole

 

M. Jowen (parent et éducateur au FC Concarneau District Finistère Sud) :

 

 

 

« Pour qu’une association vive et survive, le bénévolat est plus que nécessaire. Pour s’investir, il ne faut pas se sentir obligé car quand on vient dans le bénévolat, il ne faut rien attendre en retour. Il faut tout donner. »

 

 

 

M. Bachon (secrétaire et responsable de l’école de footbal du club du FC Barsac Preignac, District Sauternais et Graves) :

 

 

 

« On est en recherche permanente de bénévoles. Ici les personnes multiplient les tâches. On n’a pas de gardien de stade, Il faut donc aller chercher la chaux, tracer les lignes du terrain, il faut mettre les filets... Ce sont toujours les mêmes. Tous les 15 jours, nos 14 bénévoles se réunissent et planifient les tâches à faire en fonction des besoins. On a ce souci d’organisation mais pour faire fonctionner ce club il faut aussi de l’argent. Il faut donc chercher des sponsors. Quand on a de grosses manifestations, comme les tournois, c’est plus de quatre mois de préparation, c’est du travail. On passe beaucoup de temps. Il faudrait une personne rémunérée qui s’occupe de tout cela. Ca serait une solution. »

 

 

 

 

Philippe Battaglia (éducateur au CO Blenod, District Meurthe et Moselle) :

 

 

 

« On a de tout dans notre club. Des retraités pour qui c’est la deuxième maison, il y a aussi des mamans qui viennent s’occuper des goûters, qui font le ménage, l’accueil ; des papas anciens ou non footeux qui arbitrent, installent les terrains. On fait aussi un gros effort pour que les jeunes joueurs donnent un coup de main, sans forcément encadrer. Et s’ils sont intéressés, on les aide à passer les diplômes. Le club paye systématiquement les diplômes. On essaye d’avoir que des éducateurs diplômes, aujourd’hui on a entre 10 et 15 diplômés pour 300 licenciés.

 

 

 

 

Vincent NOLORGUES (président du district du Cantal) :

 

 

 

« Je pense qu’il existe moins de problèmes de bénévoles dans les petits villages que dans les villes. Dans les petits clubs, les bénévoles restent tant que ce sont des gars du village qui jouent, tant qu’il y a une identité culturelle. Quand on recrute beaucoup comme dans certains clubs, les bénévoles s’étiolent assez vite. Car il n’y a pas ou plus d’intérêts personnels et familiaux dans l’affaire. Mais on est tous en attente d’un vrai statut du bénévole, au niveau légal. Il faut que l’Etat fasse quelque chose ! »

 

 

 

 

 

 

Les contraintes

 

 

 

 

M. Pertuiso (secrétaire délégué du FCO Saint Jean de la Ruelle, District du Loiret) :

 

 

 

« On prend la tête aux bénévoles avec des règlements qui sont de plus en plus rigides. On ne s’en sort pas. Car au fil des années, j’ai vu la situation se détériorer, et nos instances dirigeantes n’y sont pas pour rien. Avant un bénévole s’impliquait parce que cela lui faisait plaisir et qu’il n’était pas tenu à des engagements. Maintenant, on a plein d’obligations de la part de nos Ligues et Districts. Et puis on parle en bien du bénévolat pendant 15 minutes à l’assemblée générale de la ligue et en dehors de ça les bénévoles en prennent plein la tête tout au long de l’année. »

 

 

 

 

Maurice Cordier (éducateur au club Levallois Sporting Club, District des Hauts-de-Seine) :

 

 

 

« Maintenant, si on ne met pas, par exemple, les résultats sur internet une heure après la fin du match, on nous met une amende. Et puis je m’aperçois que ça fait longtemps que les clubs ont plus de boulot que les Districts ou les Ligues. Parce qu’ils informatisent tout, ils mettent tout sur internet et quand ils font des erreurs, c’est toujours administratif, mais un club qui fait une erreur, il prend une amende. Lors des matchs, en plus de l’éducateur, il faudrait normalement un délégué par match, un juge de touche et un dirigeant qui fait un peu le soigneur. Donc 4 personnes par équipes. On est très loin d’avoir 4 personnes par équipes, quand on en a un on est bien content. Dans notre club, on a un gros manque de bénévolat. C’est au niveau des parents que cela se ressent le plus.

 

 

 

 

Bernard Ladrat (président du District de Haute-Vienne ) :

 

 

 

« Depuis le début de la saison, Il y a plusieurs clubs qui m’ont dit qu’ils ne pouvaient plus accueillir les enfants parce qu’il n’y avait pas assez de monde pour s’en occuper. C’est l’effet Coupe du monde. Par contre, il y a des personnes qui viennent mais qui n’ont pas les capacités pour encadrer. Il faut d’abord former l’encadrant pour former ensuite le jeune. Mais cela impose d’avoir du temps libre, pour allier le foot et la vie de famille. Il faut que la conjointe ou le conjoint accepte l’investissement de l’autre. C’est toute la difficulté du contexte actuel. »

 

 

 

 

 

 

Le problème des parents

 

 

 

 

Norbert Hoffmann (secrétaire du club de JSO Ennery, District de Moselle) ) :

 

 

 

« Dans mon club, les éducateurs ne sont pas bénévoles. Non ! Car si on leur demande d’entraîner bénévolement et gratuitement, ça ne les intéresse pas. Chez nous, les vrais bénévoles, ce sont des anciens. Malheureusement, les bénévoles de nos jours, c’est une denrée rare, surtout au niveau de l’encadrement. On n’a pas de problème pour les Débutants car les parents viennent sans problème. Mais à partir des 13 ans, on ne voit plus personne. Ils nous balancent les gamins comme dans une garderie. Certains viennent même seuls et à pied, et c’est à nous de nous débrouiller pour les ramener, les amener. Il n’y a pas beaucoup d’aide des parents. »

 

 

 

 

M. Lhotte (éducateur au club de l’Avenir Mourennais, District des Pyrénées Atlantique) :

 

 

 

« On se retrouve souvent tout seul avec les gamins. Et plus ils montent en âge, plus ils se retrouvent seuls. On a des enfants qui sont livrés à eux mêmes. C’est de plus en plus compliqué. Il y a un problème qui est lié à cette société de consommation, où quand les enfants et les parents ne sont pas contents, ils changent d’activité ou de club. Même de ce côté, les parents ne sont pas très fidèles. Tout le monde à toujours des excuses, mais si, en plus, ils ne font pas l’effort pour se serrer les coudes... Par exemple, si on décide d’organiser un loto le week-end, il faut un investissement de la part des parents, qu’ils s’organisent pour être en mesure d’être là et dans la bonne humeur. Mais, malheureusement, ce n’est pas spontané et pour faire des pâtisseries il faut supplier... Cela pourrait être l’occasion de dire « je ne fais rien de l’année », alors « je contribue ». Mais non, on prend toujours les mêmes personnes et on recommence. »

 

 

 

 

Erwan LE GUEN (éducateur à l’entente de la RIA, District du Morbihan) :

 

 

 

« Avant tout, on est là pour donner du plaisir et du bonheur aux gamins. C’est la première chose. La technique passe après. Si on pouvait être plus, c’est sûr qu’ils seraient mieux encadrés et qu’ils progresseraient plus vite. Mais bon, du moment qu’ils repartent avec le sourire. Ça fait 3 ou 4 ans que ça commence à être difficile pour les petits clubs. Avant, il y avait beaucoup plus de monde. Ça s‘explique aussi par l’arrivée de nouveaux sports. Les mentalités ont évolué. Avant, les parents suivaient davantage les enfants, ils les accompagnaient, les encourageaient. Maintenant, ils viennent à telle heure déposer les enfants, puis ils font leurs courses ou je ne sais quoi, et ils reviennent juste pour les récupérer. On fait plus de la garderie. »

 

 

 

 

Maurice Cordier (entraîneur au club Levallois Sporting Club, District des Hauts-de-Seine) :

 

 

 

« Le plus dur c’est d’arriver à mobiliser les parents et leur faire prendre conscience que c’est important de s’impliquer au sein du club. Malheureusement c’est ce genre de chose qui peut entraîner un club dans la faillite. Les parents, ils suivent de moins en moins, ça se voit dans les grandes villes et moins dans les campagnes je pense, parce que les parents amènent leurs gamins en voiture. Pour nous, en ville, c’est des transports en car, et c’est plus difficile de trouver des dirigeants qui veulent bien accompagner. »

 

 

 

 

 

 

L’argent et le bénévolat

 

 

 

 

M. Bachon (secrétaire et responsable de l’école de footbal du club du FC Barsac Preignac :

 

 

 

"M. Bachon (secrétaire et responsable de l’école de footbal du club du FC Barsac Preignac, District Sauternais et Graves) : "Pour nos bénévoles, on essaye de "se donner les moyens". Quand on fait des soirées au club, les repas sont gratuits. On leur propose quelques fois de les emmener voir un match des Girondins de Bordeaux au stade Chaban Delmas. C’est ce genre de choses que l’on peut faire de temps en temps. Les jeunes, il faut les récompenser, mais quand on n’a pas les moyens..."

 

 

DELATTRE Guy ( secrétaire général, trésorier, et président de l’US Saint Pierre de Martigues, District de Provence) :

 

 

 

« Heureusement qu’on a quelques dirigeants qui suivent les équipes. On arrive plus ou moins, avec un travail de fond, à demander aux parents de se relayer. On les intègre aux groupes et on leur apprend à faire des feuilles de match, à discuter avec les gosses. C’est de l’éducation mais aussi et simplement du relationnel. Pour les seniors, on essaie de les solliciter pour entraîner les jeunes. En général ça marche, même si nos seniors sont assez jeunes, avec une moyenne d’âge de 25 ans, et qu’ils ne sont pas forcément présents tout le temps et disponibles. Mais je sais que je travaille pour l’avenir. Pour les éducateurs, on essaie de leur donner des bons d’essence, mais on n’a pas toujours les moyens. On s’est senti obligé de les défrayer car d’autres clubs plus huppés le faisaient et les attiraient. Mais la plus grande difficulté c’est d’avoir des arbitres. »

 

 

 

 

Philippe Battaglia (éducateur au CO Blenod, District Meurthe et Moselle) :

 

 

 

« Dans mon ancien club le problème est venu de l’argent. Certains éducateurs gagnaient un peu d’argent, ce qui n’a pas plu aux autres. Ça a cassé la notion de bénévolat. Aujourd’hui au CO Blénod, tout le monde est vraiment bénévole. Ceci dit, l’argent n’est pas forcément la plaie du bénévolat, mais s’il n’est pas distribué de manière équitable, ça fout le bazar. Au sein du club, tous les bénévoles ont reçu un bon de 50 euros d’essence à la fin de saison, plus les k-ways. Mais ce qui est important je pense, ce sont les manifestations sympathiques telles que les repas, les barbecues...je pense que cela, cet esprit, est beaucoup plus important que l’argent. »

 

 

 

 

"On essaie de recentrer notre discours sur ce que les bénévoles apportent aux jeunes"

 

 

 

Conseiller Technique Départemental de l’Artois depuis trois ans, Christophe Huck connaît bien les problèmes rencontrés par les clubs et leurs nombreux bénévoles. Il revient sur ces difficultés et nous apporte des éléments de réponses.

 

 

Quel constat dressez-vous du bénévolat dans votre district ?

 

 

 

Le District de l’Artois compte 4 600 dirigeants licenciés dont 823 femmes, mais au-delà des chiffres, on constate une baisse du bénévolat. Aujourd’hui, l’investissement est différent, on est plus sur une approche individuelle. C’est difficile pour les clubs, et le vrai problème est celui de l ‘encadrement des équipes. Les dirigeants ne se sentent pas forcément soutenus et regrettent le manque d’intérêt qu’on leur porte. Par exemple, les parents qui accompagnent leurs enfants ne s’investissent pas. Ils suivent leur enfant et quand celui-ci quitte l’association ou change de catégories, ils partent avec. Ce n’est pas vraiment un investissement club et il y a une évolution à ce niveau. Mais les bénévoles ne doivent pas attendre quelque chose des parents. Leur satisfaction, ils doivent la trouver chez les enfants qu’ils encadrent. Nous, on essaie de recentrer notre discours sur ce qu’ils apportent aux jeunes.

 

 

 

"On incite les clubs à « s’entendre » ou à fusionner"

 

Comment expliquez-vous ces difficultés rencontrés par les clubs ?

 

 

 

Il existe une offre de loisirs plus importante aujourd’hui qu’hier, et cela même dans le monde rural. Il y a une diversité de disciplines et d’activités qui est offerte et qui n’existait pas, il y a encore une dizaine d’années. Et tant mieux si l’enfant peut « toucher à tout », ce n’est que formateur et bénéfique pour lui. Mais ce phénomène de consommation pousse les personnes à consacrer de moins en moins de temps au bénévolat. Mais attention, il ne faut pas mettre tout le monde dans le même sac. Dans les clubs on entend très souvent les éducateurs dirent : « Les parents utilisent l’entraînement comme une garderie. » Et dans certaines structures, c’est une réalité. Mais ne nous plaignons pas, le but est que les gamins pratiquent des activités. Alors, c’est vrai, s’il y avait au moins une rotation entre les parents pour accompagner l’équipe, afin que ça ne soit pas toujours les mêmes... ça serait l’idéal.

 

 

 

Quels conseils pourriez-vous donner aux clubs pour mieux impliquer les parents ?

 

 

 

La première chose est d’avoir des contacts avec les clubs pour leur expliquer comment intégrer les parents au fonctionnement de la structure. En début d’année, il faut essayer d’avoir une petite réunion de communication avec les parents concernés. En effet, l’information est souvent distillée au fur et à mesure dans l’année, alors que là, en début de saison, on peut les rassembler et leur expliquer le fonctionnement de la catégorie. C’est une première étape qui n’est malheureusement pas souvent réalisée. La deuxième chose, c’est l’organisation d’évènements dans la saison, en dehors des matchs ou des entraînements, pour créer un lien social dans le club. Par exemple, on peut organiser des repas pour que chacun se rencontre. C’est une possibilité parmi d’autres. Mais il n’y a pas de solutions miracle et, c’est vrai que même ceux qui ont ce fonctionnement là, rencontrent aussi des difficultés.

 

Pour pallier ces problèmes, on parle de regroupement entre les petits clubs...

 

... Il y a certaines zones, en effet, notamment à la campagne, où on incite les clubs à « s’entendre » ou à fusionner. Car dans certains petits villages, il n’y a pas suffisamment de gamins pour réellement engager une équipe. Alors, on essaie de les amener à regrouper leurs compétences et leurs effectifs. Autant se regrouper pour former une, voire deux équipes, plutôt que chacun soit de son côté avec neuf ou dix joueurs,. Cela permet aussi d’augmenter le nombre d’éducateurs. Maintenant la difficulté que l’on rencontre, et elle n’est pas nouvelle, c’est la rivalité de voisinage. Il y a toujours des conflits de personnes. Chacun veut tirer la couverture à soi, que son association marche de manière autonome dans son village. Mais bon, on a quand même pas mal d’ententes, les choses évoluent.

 

 

 

"Une grande majorité des associations a la "corde au cou"

 

Quel est la politique du District au niveau des formations ?

 

 

 

Jusqu’à l’année dernière, les tarifs étaient importants. Nous, techniciens, avons demandé aux élus de faire en sorte que la formation de ces bénévoles soit moins chère. Car ces personnes que l’on remercie d’être présente, donnent de leur temps, alors si en plus il faut payer la formation... Mais très souvent, celle-ci est prise en charge par les clubs. Le problème est qu’une grande majorité des associations a la « corde au cou ». Alors, comme ils font l’effort de trouver des éducateurs, et de les pousser vers la formation, le minimum est que l’on baisse le coût des examens.

 

 

 

Ces formations sont-elles adaptés aux contraintes des bénévoles ?

 

 

 

Ce qui nous intéresse, c’est de faire la première approche. On a mis en place un Initiateur 1 modulaire. Chacun peut se former au module Débutants, Poussins, ou Benjamins. Plutôt que de proposer une formation de 40 heures qui peut faire peur, on leur propose une session un peu plus courte, mais qui est ciblée sur leur catégorie. Á travers toute communication, qu’elle soit dans les assemblées, dans les réunions d’éducateurs ou dans les contacts que l’on a avec les clubs, nous disons : « ok, tu vas passer du temps avec nous, mais ce temps tu vas le rentabiliser. Tu disposeras d’outils pour mieux bosser avec les gamins. » Et la seconde chose c’est que l’on s’adapte aux bénévoles, car le temps consacré à la formation n’est pas forcément sur un temps de congé. On propose trois formules, une en internat, une en semi continu (on rentre le soir chez soi) et une formation étalée dans le temps, soit le mercredi soir, le samedi.... Et globalement, sur l’année, on fait plus de formation discontinue que de formation continue.

 

 

 

A quoi peut ressembler le bénévolat de demain ?

 

 

 

Je pense que le tissu bénévole et l’avenir des associations passent par la professionnalisation du bénévolat. On sait tous très bien que du travail, dans les clubs, il y en a beaucoup. Il y a de quoi professionnaliser à tour de bras. De nos jours, on veut plus de cohérence dans le fonctionnement et dans l’encadrement des petits. Mais c’est une volonté qui doit venir d’en haut, de l’Etat. Dans les clubs, il y a un début de professionnalisation avec les CAE (Contrat d’Aide à l’Emploi), les contrats sport-emploi. Ce sont des solutions pour aider à structurer l’association. Mais attention, car si un club se construit autour d’un professionnel, que devient la place du bénévole ? Le salarié ne pouvant pas tout assumer seul, il faut trouver l’équilibre, au sein du club, pour maintenir le tissu associatif. Mais si c’est un contrat court, quand la personne s’en va, se pose alors la question de la relève. Comme on peut le constater les questions sont nombreuses et montrent la complexité de la gestion des clubs et du bénévolat en France.

 

 

 

"Pour le District, il y a une grande part d’obligations, de soutien et d’aide à nos clubs"

 

 

A la tête du comité Drôme Ardèche depuis 2000, Georges Ducoulon, ancien président de club, est un érudit de la condition du bénévolat. Dans le cadre de son « mandat », il s’est fixé pour objectif de faire des bénévoles les acteurs principaux du football de son comité. Formation et valorisation ne manquent pas à son programme. A certains de s’en inspirer...

 

Le nombre de bénévoles est il en diminution ?

 

 

 

Cette année, le nombre de licence de dirigeants a augmenté de 6% ! Et pourtant, on a tendance à dire qu’ils sont de moins en moins nombreux. Ceci dit ce n’est pas complètement faux, car certaines équipes sont de moins en moins encadrées, notamment les équipes dites secondaires. Mais globalement, les statistiques sont là pour dire que les dirigeants, donc des bénévoles, ne sont pas en diminution.

 

Dans votre comité on enregistre donc une hausse ?

 

Oui, mais même si les pourcentages sont en notre faveur, nous manquons encore de bénévoles. Je tiens à préciser cependant que l’important n’est pas d’avoir un grand nombre de bénévoles, mais surtout de pouvoir compter sur des bénévoles disponibles et compétents. Car, hélas, trop souvent dans nos associations sportives, il existe des bénévoles souvent libres mais pas toujours compétents pour les tâches et les activités que l’on souhaiterait leur confier. Inversement, nous avons des bénévoles très compétents mais souvent peu disponibles. Et aujourd’hui, on a près de 3 060 dirigeants, dont 400 femmes dans notre comité pour 230 clubs.

 

 

 

"Le souci de la multi-activité, c’est qu’elle gomme les spécificités et diminue la compétence"

 

Si vous deviez dresser le portrait type du bénévole, que diriez vous ?

 

 

 

Il n’y a pas de profil type car le bénévolat regroupe de multiples activités. Par exemple, si c’est un président de district, il doit être un bon manager ou un chef d’entreprise. Un bénévole qui accompagne les jeunes doit avoir des qualités différentes que le trésorier. Celui-ci doit être un type rigoureux qui tient les rênes, qui poussent les gens dans leur retranchement pour éviter des dérives. Alors que l’accompagnateur d’équipe doit être quelqu’un d’ouvert, à l’écoute... Le souci d’ailleurs de la multi-activité, c’est qu’elle gomme les spécificités et diminue la compétence.

 

 

 

Quelles sont vos actions en faveur des bénévoles ?

 

 

 

Nous travaillons dans deux directions : la formation et la valorisation des bénévoles. Deux axes très importants.

 

 

 

C’est-à-dire ?

 

 

 

En matière de formation, nous avons mis en place cette année, 14 actions. D’abord, au niveau du comité Drôme Ardèche, avec l’instauration d’une formation des délégués officiels, de façon à permettre aux délégués de mieux maîtriser leurs missions. Pour les nouveaux présidents de clubs, nous exerçons un soutien pour les encadrer et les aider. En parallèle, avec l’aide d’un cabinet extérieur, nous les aidons dans les conduites de réunion. Car la communication, la façon d’organiser une réunion est très importante. Et enfin, toujours concernant les présidents de club, nous les formons à leurs activités d’employeur, car de plus en plus ont ce rôle à jouer. Nous avons mis en place une structure d’aide et de conseils, pour développer l’emploi dans leur club.

 

 

 

« Je pense que le rôle d’un district est d’abord d’écouter et de soutenir les clubs, et par conséquent de prendre en considération tous les bénévoles »

 

Concernant les autres dirigeants de clubs ?

 

 

 

Nous faisons là encore des formations de dirigeants d’équipe, toutes ces personnes dévouées qui accompagnent des équipes tous les samedis et tous les dimanches sur les terrains de football, nous leur donnons une formation spécifique. Cela concerne également les secrétaires de club, que nous informons sur les différentes possibilités que peut offrir la société civile en matière de subventions, constructions de dossier... Il en va de même pour les trésoriers de clubs sur la partie informatique.

 

 

 

Après la formation, vous avez aussi fait référence à un second axe : la valorisation. Qu’en est il exactement ?

 

 

 

Oui, concernant, la valorisation du bénévolat, nous agissons dans deux domaines. D’abord, au niveau de notre équipe de direction du District, pour qui nous organisons une sortie annuelle des membres du comité directeur et leurs épouses. L’objectif est de resserrer les liens à travers une journée festive et culturelle. Et puis, nous organisons un événement propre à notre comité : c’est la journée bi départementale des bénévoles qui aura lieu le 11 avril à l’occasion d’un match international de Championnat d’Europe féminin, France-Grèce à Valence. Nous invitons 600 dirigeants de clubs pour le match et la réception d’après match.

 

 

 

Pourquoi cette démarche envers les bénévoles ?

 

 

 

En Tant qu’ancien président de club, j’ai toujours eu cette sensibilité. Je pense que le rôle d’un district est d’abord d’écouter et de soutenir les clubs, par conséquent de prendre en considération tous les bénévoles. Si ces choses là ne sont pas faites, les clubs se sentent isolés, et imaginent le District comme un adversaire qui est là pour sanctionner, et non comme un vrai partenaire. Nous avons voulu être ensemble et fonctionner autrement que cela se passe habituellement. Nous ne sommes pas des ennemis, mais au contraire des amis qui travaillons dans un rôle précis avec pour chacun des droits et des devoirs. Et pour le District, il y a une grande part d’obligations de soutien et d’aide à nos clubs.

 

 

 

« Je suis convaincu que l’avenir et la pérennisation d’un certain nombre d’actions du bénévolat passent par la prise de pouvoir des femmes »

 

Comment cela se matérialise-t-il ?

 

 

 

Hier, par exemple, j’ai reçu deux présidents de club. Le premier, un club rural, venait nous demander des renseignements sur la façon de réorganiser le football dans son secteur. Nous lui avons par conséquent donné les éléments, mais surtout nous lui avons dit que nous étions prêts à l’accompagner auprès de sa municipalité, comme nous le faisons habituellement, pour expliquer l’intérêt de l’action qu’il souhaite mener dans son club. Le second président venait me voir parce qu’il n’était pas content de la façon dont nous l’avions traité sur le plan disciplinaire à travers des incidents dont il était lui même l’acteur. Nous l’avons d’abord écouté... et finalement ce club est reparti chez lui avec un projet de développement. Nous lui avons fait prendre conscience que s’il y avait des incivilités, même mineures dans son club, c’était peut être parce que son organisation n’était pas optimale, et donc qu’il y avait probablement certaines choses à changer. Nous sommes arrivés à la conclusion qu’il devait engager un éducateur et réorganiser certaines choses. Je vais d’ailleurs lui envoyer un éducateur de notre comité afin qu’il fasse un audit de son club dans le but de mesurer les points positifs et les choses à améliorer. A partir de ces conclusions naîtra un projet de développement pour ce club.

 

 

 

Quelle est la part des femmes dans le bénévolat ?

 

 

 

Les femmes apportent de la compétence et une autre approche des choses. Ainsi qu’une vision moins conflictuelle, peut-être un peu plus disponibles et plus à l’écoute que les hommes. Je suis convaincu que l’avenir et la pérennisation d’un certain nombre d’actions passent par la prise de pouvoir des femmes. Et c’est pour cela que l’on travaille énormément sur le football féminin. Je crois énormément à cet axe de développement. Par exemple, le nombre de pratiquantes et de dirigeantes a augmenté de 30% par rapport à 2004. Mais ce n’est pas simple, car il faut convaincre beaucoup de clubs qui n’ont hélas pas encore pris conscience de cette dimension-là. D’ailleurs, au niveau des compétitions, le football féminin n’est pas un monde à part, puisqu’il est complètement intégré au fonctionnement du comité.

 

 

 

« Il est plus facile de déplacer une personne que 10. C’est ça notre politique de proximité. »

 

Pour en revenir à toutes les formations que vous proposez, cela ne représente-il pas un coût important pour les clubs qui souhaitent y participer ?

 

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